Compte Rendu du Off-West End

  • Grindr the Opera 

Les revivals ont repris bon train dans le Off West End, notamment avec l’excellent Union Theatre, espace intimiste qui vient de nous présenter pendant six semaines la première reprise de Grindr the Opera:  An Unauthorized Parody.  Créé en 2018, à Above The Stag au cœur de Box Hall, tristement fermé maintenant, ce spectacle inattendu et original se joua à guichet fermé, recevant les critiques élogieuses et remportant le prix du Meilleur Musical Off West End battant le phénoménal SIX

La nouvelle production, mise en scène et chorégraphié par William Spencer, avec des décors signés David Shields, est encore plus assumée, souvent très drôle, et nous offre des performances vocales des plus spectaculaires, notamment par le l’incroyable Christian Lunn, qui jouait déjà le rôle de Grindr, une sorte de figure mythologique assoiffé de voler l’âme des hommes, mais donc la présence et la voix ont gagné en maturité depuis. 

James Aymon, Grant Jackson, James Lowrie, Christian Lunn, Billy J Vale, Dereck Walker, Santino Zapico

Le titre d’opéra est un peu ironique, mais il se rapporte bien aux situations de promiscuité, exprimées musicalement et vues à travers des yeux d’êtres célestes plus grand que la nature !  Une programmation judicieuse pour le mois de Gay Pride d’un spectacle de très grand qualité musical, vocal, et chorégraphique traitant, avec beaucoup d’humour et de second degré d’un sujet incongru pour le théâtre musical. 

  • How to Succeed in Business without Really Trying 

Une autre reprise réussite, cette fois d’un classique de l’âge d’or de Broadway, How to Succeed in Business without Really Trying suit le principe de la version avec le sexe inversé du Company de Sondheim, en incluant cette fois des acteur transgenres, comme la brillante Allie Daniel dans le rôle de Rosemary, et non pas seulement des inversions comme le personnage principal masculin J. Pierrepont Finch, interprété par l’excellente Gabrielle Friedman, formée à la Royal Academy of Music, où elle joua Merrily We Roll Along de Sondheim, et le seconde lead J. B. Biggley, magistralement interprété par la grande Tracie Bennett, récemment vu dans les rôles titres de Mrs. Henderson Presents et Mame, ainsi que dans Follies au National.   

Annie Aitken, Tracie Bennett, Taylor Bradshaw, Allie Daniel, Gabrielle Friedman
Elliot Gooch, Grace Kanyamibwa, Danny Lane, Milo McCarthy, Verity Power

Trop souvent décrit comme inférieur à l’autre succès de Frank Loesser, Guys and Dolls, How to Succeed possède une partition forte et variée et un livret tout à fait possible de réactualiser comme le metteur en scène Georgie Rankcom a réussi à faire beaucoup mieux qu’avec Anyone Can Whistle, le flop légendaire de Sondheim au printemps dernier.  Bien qu’enraciné dans l’époque où elle a été écrite, cette œuvre satirique du milieu des bureaux peut encore s’appliquer au monde d’aujourd’hui.  La chorégraphie de Alexzandra Sarmiento, ainsi que les costumes et les décors très originaux de Sophia Pardon, ont contribués aux succès de cette revival, osant prendre beaucoup de distance avec l’œuvre original, sans jamais trahir l’esprit ! 

  • Gypsy 

Une autre reprise remarquable, mais de facteur beaucoup plus traditionnel, fut une des rare version en chambre du classique de Broadway, Gypsy, avec musique de Julie Styne, lyriques de Stephen Sondheim, et livret d’Arthur Lawrence, avec en tête d’affiche la merveilleuse Rebecca Thornhill, qui fut déjà la doublure de Ria Jones dans le rôle de Mama Rose au Manchester Royal Exchange et qui apporte au rôle une vulnérabilité la rendant plus humaine que dans interprétation tragique de Emelda Staunton, même si le personnage et souvent décrit comme le King Lear du théâtre musical. 

Le reste du cast est également excellent, particulièrement Evelyn Hoskin dans le rôle de Louise, Marina Tavolieri, vu dans Head over Heels à Manchester et A Chorus Line à Liecester, et Charlie Waddel, récemment vu dans South Pacific à Chichester, dans celui de Tulsa, qui nous exécute un brillant “All I Need is a Girl”.  Mais le numéro le plus drôle et le plus réussit est “You Gotta Get a Gimmick”, avec les irrésistibles Susanna Vandenberg, vue dans 101 Dalmatiens and Bedknobs and Broomsticks, dans le rôle de Mazeppa, avec clarinette et accordéon.  Seren Sandham-Davies, dans le rôle d’Agnès avec sa trompette, et Laur Tyrer dans le rôle de Tessie, également maitresse de ballet. 

GYPSY

Mention spéciale également pour le travail des chorégraphes associées, Alex Christian, Rachel Moren, et le metteur en scène-chorégraphe Joseph Pitcher pour injecter dans Gypsy que nous avons l’habitude de voir, notamment durant l’ouverture.  

Les décors de Jason Denver sont très efficaces dans leur minimalisme, et les costumes de Natalie Titchenner sont toujours juste jusque dans les détails.  Un grand bravo également pour les arrangements de Francis Goodhand, qui parvient à préserver la grandeur de la partition avec une formation de trois musiciens se substituant un grand orchestre. 

L’excellence de cette production, mais également une fois de plus en avant le statut de Gypsy comme peut être le meilleur musical jamais écrit.  Noun nous pouvons attendre qu’avec impatience le prochain musical au moulin de Sonning qui sera une revisite à Haut Société, avec le catalogue de Cole Porter. 

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