Critique: Maggie May et Little Miss Sunshine

Maggie May

A coté des trois nouvelles grosse productions importées de Broadway qui sont arrivée dans le West End en janvier (Come from Away, Waitress, et 9 to 5), cette semaine vient de voir la première production depuis sa création en 1964 d’un musical oublié : Maggie May, avec une partition peu connu de Lionel Bart (célèbre pour avoir écrit Oliver!) au Finborough Theatre dans l’ouest de Londres; ainsi que la première européenne de Little Miss Sunshine, mise en musique du film indépendant à succès par le compositeur culte de Broadway William Finn, qui joue dans le nord de Londres.

Maggie May

La résurrection de Maggie May, à ne pas manqué avant le 20 novembre, était un pari risqué puisque ce musical a resté plus que 50 ans dans l’obscurité et est doté d’un livret plutôt sombre de Alun Owen (scénariste du film des Beatles A Hard Day’s Night), traitant de la dure vie sur les docks de Liverpool au début des années 60.

Maggie May

La musique de Lionel Bart est moins entraînante de celle d’Oliver! et ne contient aucune tube. C’est sûrement plus par amitié pour Lionel Bart, qui fut même son agent à une certain époque, que la grande Judy Garland enregistra quelques titres de Maggie May. Pourtant, la partition n’est pas dénuée de charme, particulièrement dans les numéros de groupe aux sonorités évoquant le folklore du nord de l’Angleterre. Le fort accent pose parfois quelques problèmes de compréhension, surtout pour les non anglophones.

Le casting est de choix, par contre, avec la charmante et talentueuse Kara Lily dans le rôle titre de la prostituée, et le vocalement impressionnant James Darch dans le rôle de son amoureux qui meurt à la fin du spectacle. Les rôles secondaires sont également forts, particulièrement Aaron Kavanaugh dans le rôle du baladeur et Natalie Williams dans le rôle de Maureen.


Maggie May

Mais la véritable vedette du spectacle le est la chorégraphe Sam Spencer Lane, qui réussit dans l’espace réduit du caverneux Finborough Theatre a régler dès numéros de danse d’ensemble sur passant presque de grands shows de West End.

Little Miss Sunshine

Little Miss Sunshine, déjà monté à La Jolla Playhouse à San Diego, puis en Broadway au Second Stage Theatre, fait sa première apparition dans le off West End avec un cast et une équipe créative à faire rêver, un solide livret, signé par collaborateur de prédilection de James Lepine (Sunday in the Park with George et Passion), une musique lyrique de William Finn (qui nous donna entre autres Falsettos, récompensé de deux Tony Awards à sa création en 1992, repris à Broadway en 2016, et actuellement en tournée aux Etats-Unis, et The 20th Annual Putnam Spelling Bee, tous les deux déjà écrits en collaboration avec James Lepine).

Little Miss Sunshine

Malgré les décors minimalistes de David Woodhead, le metteur en scène Mehmet Ergen, directeur artistique d’Arcola Theater, réussit parfaitement à restituer l’ambiance du film, road movie par excellence. Ils sont aider par un cast parfait, avec Paul Keating dans le rôle de Frank, l’oncle gay dépressif, Gabriel Vick dans le rôle du père dynamique, Richard, le formidable Gary Wilmot dans le rôle du grand père dans la première partie (rôle repris par un cadavre ensuite), Sev Keoshgerian, muet jusqu’à son pétage de câble vocal, et la merveilleuse Laura Pitt-Pulford, nominée aux Olivier Awards pour sa performance dans Seven Brides for Seven Brothers au théâtre en pleine air de Regents Park, sans parler des excellent secondaires Mathew McDonald’s dans le rôle de Josh, pour lequel oncle Frank tente de suicide, et Imelda Warren-Green, délicieusement insupportable dans le double rôle de l’infirmier Miss California.

Les douze filles qui jouent les Miss en alternance sont bien sur trier sur le volet. La seule critique que l’on peut faire de cette spectacle de haute qualité est que la musicalisation du film n’ajoute pas vraiment à l’œuvre une dimension indispensable, ce qui n’enlève à rien au plaisir que procure ce spectacle familial à humeur parfois glaçant.

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