Critique: Guys and Dolls

Guys and Dolls continue au Kilworth House Theatre, Leicestershire, jusqu’au 8 juillet 2018

Comme chaque année, Kilworth House Theatre a ouvert ses portes et nous a offert un autre classique revisité le temps d’un été, sous la houlette du metteur en scéne et chorégraphe Nick Winston et défendu par un casting de haut vol cette année, Guys and Dolls ne déçoit pas.

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Aussi pince sans rire que puisse être le livret, il est facile de voir pourquoi il a été sujet à des controverses ces dernières années, vu le climat de prise de conscience de l’égalité des sexes. Cette production fait le bon choix en privilégiant l’ironie, faisant ainsi passer les quelques lourdeurs que la marque du temps n’a pas flatté, parvenant ainsi à rendre amusant au public d’aujourd’hui des gags un peu dépassés.

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Même si cette version n’est pas aussi innovante que celle du Royal Exchange 2017 relocalisé à Harlem, elle est néanmoins impressionnante visuellement et d’un haut niveau n’ayant rien à envier au West End, comme toutes les productions récemment montées ici.

A la fois élégants et délicieusement glauques, les décors de Philip Witcomb recréent l’atmosphère du Broadway de l’époque, de manière stupéfiante.

Les décors semblent glisser de manière harmonieuse, depuis le numéro d’ouverture, brillamment chorégraphié par Winston jusqu’à «Luck Be a Lady», où la danse spectaculaire est parfaitement mise en valeur par les éclairages de James Taylor.

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Harriet Jones, récemment vu dans Le Fantôme de L’Opéra, dans le rôle de Christine, ainsi que dans la nouvelle version filmée de La Belle et La Bête, forment avec Simon Thomas (Raoul dans Le Fantôme, Black dans The Wild Party et Warner dans Legally Blonde) forment un couple idéal, que tout oppose, à commencer par la voix de soprane de Sarah Brown avec celle de ténor de Sky Masterson, qu’ils incarnent tous deux parfaitement dans leur voyage de la certitude à la vulnérabilité.

La toujours excellente Holly Dale Spencer, tout droit d’Annie au Picadily Theatre où elle interprêtait Grace après avoir été Nickyie dans Sweet Charity au Royal Exchange de Manchester, campe une Adelaide oscillant entre l’hystérique et le tragique, redonnant une nouvelle humanité à ce rôle icônique.

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Daniel Stockton dans le rôle de Nicely Nicely et Daniel Robinson (vu au Théâtre du Chatelet dans le rôle du deuxième gangster dans Kiss Me Kate) dans celui de Nathan Detroit complète cette distribution de haut vol. Dans les rôles secondaires, on remarquera Will Kenning dans le rôle de Big Jule et Graham Hoadly dans celui du directeur de la mission, sans compter le spectaculaire ensemble de danseurs et danseuses

Guys And Dolls, reste, bien qu’un peu trop souvent repris, le parfait modèle du musical classique de l’âge d’or, plus grâce à la partition immortelle de Frank Loesser qu’au livret quelques peu viellot de Jo Swerling and Abe Burrows. Cette oeuvre a aussi le mérite de ne pas être figée dans une mise en scène imposée se prêtant ainsi à de nouvelles interprêtations comme celle ici du talentueux chorégraphe et méteur en scène Nick Winston, qui signa également les chorégraphies de Kiss Me Kate au Chatelet à Paris.

Une fois de plus, Kilworth House nous donne le parfait divertissement d’été dans ce théâtre en plein air qui sera le cadre de Joseph And The Amazing Technicolor Dreamcoat de Tim Rice et Andrew Lloyd Webber, du 26 juillet au 9 septembre.

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