Critique : Sweet Charity

Sous la houlette du directeur artistique Paul Hart, qui signa la mise en scène de la dernière tournée de Crazy for You, le chef d’œuvre de Cy Coleman, Sweet Charity, est complètement revisité, tant au niveau des orchestrations que de la chorégraphie, dans le cadre magique et intimiste du Watermill Theatre près de Newberry dans le Berkshire.
Depuis le début des années 2000, la vogue des versions avec acteurs-musicien ne cesse de se développer.
Sweet Charity at The Watermill. LtR Emma Jane Morton, Vivien Carter and Gemma Sutton. Photo by Philip Tull 166.jpg
Tout commença avec le Sweeney Todd de John Doyle, suivi par son Company à Broadway et par un nombre impressionnant de productions montées au Watermill puis transférées dans le West End, comme Mack and Mabel et Sunset Boulevard.  Après l’excellente adaptation de A Little Night Music de Sondheim l’été dernier, » Sweet Charity était un choix risqué.  Malgré le livret un peu vieilli mais toujours drôle du grand auteur de comédie Neil Simon, inspiré par le chef d’œuvre de Felinni, Les Nuits de Caberia, ce musical porte la marque indélébile de son metteur en scène et chorégraphe original:  le grand Bob Fosse.
Sweet Charity at The Watermill. Gemma Sutton and Vivien Carter. Photo by Philip Tull 359.jpg
Tom Jackson Greaves, comme le fit Drew Mac Ornie pour Chicago au Leicester Curve, choisit de s’éloigner délibérément le plus possible de l’ombre du maître, signant des chorégraphies fraîches et originales, aidé par les nouveaux arrangements musicaux de Charlie Ingles donnant au « Rich Man’s Frug » et au « Rhythm of life » un son résolument contemporain. « I’m a Brass Band » est naturellement mis en valeur par le faits que les danseurs soient aussi musiciens, mais on ne peut pas en dire autant du « Big Spender », un peu alourdi par la présence incongrue des instruments!
Sweet Charity at The Watermill. Gemma Sutton and members of the cast. Photos by Philip Tull 141.jpg
Tout comme Crazy for YouSweet Charity est un musical dans lequel la danse est l’élément tellement essentiel que la formule acteurs-musiciens peut avoir un effet parfois frustrant; elle ne peut fonctionner harmonieusement que dans le cadre déjà intimiste du Watermill et aurait un effet trop restrictif dans le cas d’un transfert sur une plus grande scène.
Mis à part ce bémol, intrinsèque à cette formule, la mise en scène de Paul Hart est bourrée de trouvailles et fait le bon choix de reprendre la fin de la version filmée de Bob Fosse.
Sweet Charity at The Watermill. LtR Matthew James Hinchliffe, Gemma Sutton, Thomas Ping. Photo by Philip Tull 362.jpg
Le point fort de cette nouvelle version reste néanmoins le cast de haut vol, avec dans le rôle titre la merveilleuse Gemma Sutton, tout droit sortie de The Rink à la Southwark Playhouse où elle reprenait le rôle de Liza Minelli, dont la vulnérabilité n’est pas sans rappeler celle de la grande Shirley Mac Laine dans le film.
Le talentueux Alex Cardall, dont c’est le premier engagement professionnel, campe un très charmant Oscar et dans le rôle de Nickie, immortalisée au cinéma par la grande Chita Rivera, Vivian Carter est également excellente.
Une production à ne manquer à aucun prix avant le 15 septembre au Watermill, prouvant la pérennité et la richesse de cette œuvre qui se prêt à d’aussi différentes variations.

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