Critique : City of Angels

Comme Merrily We Roll Along, une autre production par les élèves d’une école londonienne de la comédie musical également très réputé, The Royal Academy of Music, a atteint un degrés de perfection peut être encore plus élevée, avec un autre chef d’œuvre peut connu du public, City of Angels, représentatif de une espèce en voie de disparition : le musical complètement original, non basé sur un film ou même un livre. Il est également rare de trouver une partition aussi authentiquement jazz mais aussi difficile, aux richesses et aux couleurs multiples, que celle du génie non encore assez reconnu, Cy Coleman (Sweet Charity, On the 20th Century, The Life ), aidé par des paroles d’une intelligence exceptionnels écrite par David Zippel (The Woman in White, Hercule de Disney).

Les élèves de dernière année font en sorte que le livret compliqué de Larry Gelbart a de l’esprit dès le premier moment. Le réalisateur Bruce Guthrie ne laisse jamais le temps de ralentir. Il jouit d’une casting polyvalent sans faille.

Le titre original, à référence à Los Angeles, le capital du cinéma, n’a aucun rapport avec le film de Wim Wenders ni son remake américain. Son deuxième titre, Essayer d’en trouver un, indique qu’il n’y rien d’angélique ni d’innocent dans cette ville. Pour cette part du public nombreux en France qui reproche à ce genre sa sentimentalité, voici un des musicals américains le moins sentimentale et le plus froid et cynique qu’il soit.

Nous sommes dans l’ère du film noir de la fin des années 40, un univers comme celui du romancier Raymond Chandler (Le Grand Sommeil, Assurance sur la mort, Le facture sonne toujours deux fois) : composé de gangsters, de pouffiasses, de détectives privés, de fusils, de culottées, de meurtres, et du chaos général.

D’un côté de la scène, on voit le monde réel d’un écrivain infidèle qui doit compromettre son art s’il veut gagner sa vie. De l’autre, on voit le monde de celluloïd, d’un décor de film hollywoodien avec ses divas irritantes et ses egos rampants.

Stine est une scénariste dont le travail est constamment remis en question par le flamboyant producteur, Buddy Fidler. Stone est un détective privé qu’il a créé, un gros dur qui n’a pas envie de chercher après une belle-fille disparue, mais qui accepte le boulot à contrecœur uniquement pour l’argent et aussi grace aux attraits de sa cliente Alaura.

Il fini par la trouver, sous la couette dans son propre mais parvient à résister à ses charmes juvéniles.

Alors que tous les autres rôle, réalité et fiction, sont dupliquées par le même interprète, Stine et Stone ne se « rencontrent » que jusqu’à leur fabuleux duo à la fin culminant du premier acte, « You’re Nothing Without Me », qui se transforme en « I’m Nothing Without You » à la fin du deuxième. C’est ce qu’on appelle un showstopping number que les deux acteurs-chanteurs, promis sans aucun doute un future dans le West End, interprètent avec brio.

Amelia Gabril donne une voix mémorable au personnage vénéneux Mallory dans « Lost and Found ». Robert Madge nous fait mourir de rire avec son interprétation exubérante du producteur. Jennie Neumann est une séduisante dans le rôle d’Alaura. Et on croise beaucoup de personnage cocasse dans cet univers déjanté brillamment illustré par la musique authentiquement jazz du grand Cy Coleman, bien servi par l’orchestre à 19 membres de la Academy of Music, dirigé par Luke Holman and Ezra Van Nassauw.

Les costumes de Simon Wells ont le look authentique de l’époque. Il est difficile de trouverez des superlatifs assez fort pour décrire les décors de David Harris et les dessins et des vidéos de Gillian Tan.

La mise en scène de Bruce Guthrie et la chorégraphié de Lee Proud contribuent à la haute qualité de cette production qu’il n’a rien à envier aux musicals du West End, dont ces deux dernier sont des veterans.

Pas étonnant que City of Angels fut récompensé par 6 Tony Awards en 90, dont meilleur musical et meilleur partition et fut couronné également meilleur reprise aux Olivier Awards pour la brillant production au Donmar en 2014. Ce qui est dommage c’est que ce musical d’une rare intelligence fut a l’origine un flop à Londres et n’a pas encore atteint le statut de classic que pourrait lui amener une revival à Broadway. En attendant, tout comme Merrily We Roll Along au Guildhall, City of Angels à la Royal Academy of Music nous donne le meilleur de ce qui sera la prochaine génération des talents du West End.

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