Critique : I Love You, You’re Perfect, Now Change

En Novembre 2013 le public parisien a eu l’occasion de découvrir au regretté 20ème Théâtre dans une adaptation française interprété entre autre par David Alexis, qui signa également la mise en scène, le grand succès d’off Broadway I Love You, You’re Perfect, Now Change (5000 représentation entre 1996 et 2008), écrit par Joe Dipietro, auteur de The Toxic Avenger, All Shook Up, Memphis, and Nice Work If You Can Get It,

Jusqu’au 30 Novembre, vous pouvez découvrir dans le West End de Londres la version réactualisée et raccourcie de la version originale.

Est-ce je t’aime, I Love You, You’re Perfect, Now Change ? Oui ! Es-tu parfait ? Pas tout à fait, mais tu es très drôle et en général adorable. Maintenant, dois-tu changer ? Non, je ne changerait pas un mot !

En fait, pas mal de mots ont déjà été changés dans cette nouvelle version simplifiée (avec 25 minutes coupée par rapport à sa dernière apparition dans le fringe de Londres) et anglicisée de l’original américain. Ce I Love You est le premier spectacle au Chiswick Playhouse, qui se trouve dans son ancien espace agrémenté autour du coin de la gare de Turnham Green : Le Tabarb théâtre,

Mise en scène dans le style de Broadway par Charlotte Westenra, lauréate du prix Olivier qui est mieux connue pour son travail au Donmar et au Old Vic, et interprété par quatre acteurs polyvalents,

Chapeau, George Rae, Dominic Hodson, Laura Johnson et Naomi Slights ! Ce quatuor joue de nombreux rôles dans une série de vignettes sans lien sur l’amour sous toutes ses formes, profitant au maximum des paroles acerbes de Joe DiPietro et de la musique plaisante mais plutôt banale de Jimmy Roberts, bien que « I Will Be Loved This Night », qui est chanté par Slights, reste en mémoire.

Les nombreux changements de costumes et de scènes s’effectuent sans effort à une vitesse incroyable avec Johnson, une dame aux mille visages, qui exhibe des robes de couleurs différentes pendant qu’elle raconte le nombre de fois où elle a été demoiselle d’honneur dans la chanson “Always Bridesmaid, Never a Bride”, un des nombreux moments marquants.

Le père d’âge mûr de Hodson, qui est plus fier de sa voiture que de sa famille indisciplinée, est très bien joué. Un autre personnage, Rae, se demande pourquoi il adore toujours autant sa femme alors qu’elle reste assise indifféremment face à lui, collée à son magazine.

Dans la dernière scène un vieux monsieur gay assistant à un enterrement — encore — sans même savoir de qui il s’agit. Hodson a assez de suffisance pour faire des avances a Rae, initialement réticent, dans une scène qui donne au cycle de chanson une fin nostalgique.

Le cycle commence avec un premier rendez-vous atroce mais hilarant entre un garçon et une fille (Rae et Johnson) maladroits et malchanceux au niveau de la beauté, qui souhaitent être « A Stud and a Babe », suivi de “The Very First Dating Video of Rosie Ritz”, un solo impressionnant de Slights.

Peut-être que la scène la plus drôle est celle de “What Ever Happened to Baby’s Parents”, avec le bien intentionné Hodson, qui rend visite à deux amies lesbiennes mariées, toutes les deux appelées Sarah, et qui emmène des cadeaux pour leur nouvelle venue, juste pour être complètement ignorée par les parents surprotecteurs qui ne les laissent mêmes pas voir le gamin endormi !

Le sketch « Funerals Are For Dating » n’est pas tout à fait la fin, car tous les quatre reviennent pour le final optimiste « I Can Live With That » (la chorégraphie est de Steven Harris), concluant que toutes les relations, quels que soient le sexe des partenaires, et quels que soient les compromis à faire, valent la peine finalement. Eh bien, peut-être pas tous . . .

En 2017, DiPietro et Roberts ont réactualisé leur spectacle afin d’intégrer des références plus modernes, telles que le mariage gay, les rencontres en ligne, et même une mention des terrains de golf de Donald Trump !

La version originale n’a pas réussi à trouver sa place lorsqu’elle a été brièvement présentée au West End en 1999 — l’humour était peut-être trop américain. Mais maintenant, le public londoniens a une version parfaite pour le Royaume-Uni, avec toutes sortes d’accents britanniques et irlandais. Elle s’adapte parfaitement dans le cadre intimiste de la Chiswick Playhouse, car il n’a pas besoin d’une scénographie sophistiquée. Et l’accompagnement de Stuart Pedlar au piano se suffit à lui même,

Cette version concentrée en 80 minutes sans entracte pourrait séduire un public plus large. En attendant, il serait intéressant de découvrir l’œuvre jumelle par les mêmes auteurs, The Thing About Men.

(Photos courtesy of Savannah Photographic)

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