Critique : The Boyfriend

The Boyfriend,  le plus grand succès à Londres des années 50 avec Salad Days, reste connu du grand public pour avoir révélé à Broadway le talent de Julie Andrews, qui tint le rôle de Pollie à son arrivée à New York avant d’obtenir le rôle d’Elysa Doolittle dans My Fair Lady. Ironiquement, quand le producteur hollywoodien Ross Hunter s’avéra incapable d’obtenir les droits pour le cinéma, il fit écrire pour Julie Thoroughly Modern Millie, recréant l’atmosphère des roaring 20s, cette fois a New York. Ce film a succès donna lui a une adaptation scénique à Broadway en 2002 récompensée par de multiples Tony Awards et quand The Boy Friend fut finalement porté à l’écran en 1971 par le cinéaste new wave Ken Russell le role principal féminin fut tenue par la célèbre modèle Twiggy, malgré sa manque talents musicaux ; heureusement, le film est sauvé par la prestation du grand (sur tout point de vue) Tommy Tune. 

Plus les comédies musicales datent, plus leurs intrigues ont tendance à être insignifiantes. C’est particulièrement vrai pour The Boy Friend, écrit par Sandy Wilson dans les années 1950 mais imitant le style du spectacle de Broadway des années 1920.

L’histoire très mince concerne un cadre de filles anglaises dans une école de formation sur la Côte d’Azur, chacune désespérée de trouver un petit ami pour un prochain bal de carnaval. Mais alors que la plupart des filles acquièrent une seconde moitié pour les festivités, Polly Browne (Amara Okereke) n’a personne avec qui aille — jusqu’à ce qu’elle tombe sur le beau livreur Tony (joué par Dylan Mason).

Chaque moitié de ce couple en herbe veut être aimée pour ce qu’elle est.  Ainsi, ils refusent chacun de mentionner à l’autre qu’ils viennent de familles extrêmement riches. Le dilemme qui en résulte est si insignifiant que la production du réalisateur Matthew White ne se penche pas sur ces trivialités, reconnaissant le livret n’est guère plus qu’un pretext pour les entraînantes chansons de Saby Wilson, écrites dans le plus pur style des années 1920, et des séquences de danse impressionnantes.

Le chorégraphe Bill Deamer est la star de ce spectacle, créant des séquences qui mettent en valeur les prouesses de danse de l’ensemble. Plusieurs chansons de Wilson nécessitent des mouvements spécifiques , de « Won’t You Charleston With Me » à « The Riviera » et « Carnival Tango », et Deamer crée des exemples parfaits pour chacune, tout en veillant à servir la narration, même si son travail dans le style Fosse dans Follies était plus créatif. 

Alors que les numéros de danse sont clairement les éléments les plus forts de cette production, le décor bleu de Paul Farnsworth déborde d’une d’élégance très côté d’Azur.

Madame Dubonnet (Janie Dee), la directrice des filles,est au centre de l’action , bien que l’on souhaite un faire-valoir romantique légèrement plus robuste que Robert Portal dans le rôle du père de Polly, Percival. Issy Van Randwyck est sous-utilisée dans le rôle de l’acerbe Lady Brockhurst, tandis qu’Adrian Edmondson en tant que mari aux yeux errants s’amuse avec lascivité. 

Une autre rôle intéressant est celui d’Hortense, la bonne de l’école. Tiffany Graves est plus que sur-qualifiée pour ce qui pourrait autrement être un personnage secondaire. Au lieu de cela, dans son premier rôle sur scène, Graves donne le ton à toute la production et continue d’illuminer la scène à chacune de ces applications, notamment dans le numéro « Nicer in Nice » , même si l’importance son personnage diminue dans les actes ultérieurs.

En comparaison avec ces personnages plus grands que nature, il peut parfois sembler que la Polly d’Okereke est un peu en arrière plan . Lorsqu’elle partage une scène avec les autres écolières, la posture d’Okereke semble plus moderne et moins des années 1920 que ses camarades de classe, et elle semble moins à l’aise que dans son rôle de Laurie dans Oklahoma à Chichester .  Sa complicité avec Mason et Dee la serre bien dans leurs duos, mais avec Tiffany la meilleure prestation de la soirée est celle de la grande Janie Dee même si son accent français reste moins cocasse que celui d’une Lilianne Montevecchi, qui tenu trop brièvement le rôle de Madame Dubonnet dans une tournée avortée il y n’a peu plus d’une décennie 

Tout cela contribue à une soirée sans résonance contemporaine et sans souci de la fragilité du monde extérieur ; elle nous invite au contraire à nous prélasser sous le soleil provençal d’une époque révolue — ou d’une époque qui n’est jamais existée. Dans l’obscurité envahissante d’un hiver londonien se conjuguant avec les grèves parisiennes , on ne pouvait guère espérer mieux. A ne pas manquer jusqu’à début mars à la légendaire Meunier Chocolate Factory. 

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