Vingt ans après la diffusion du téléfilm Disney Channel qui a fait de Zac Efron et Vanessa Hudgens des vedettes planétaires, High School Musical retrouve la scène londonienne dans ce qui est présenté comme la première production britannique « non-replica » du titre : une relecture neuve, qui ne copie ni la mise en scène américaine ni les versions antérieures. Produite par le Hope Mill Theatre de Manchester (dont les fondateurs, Joseph Houston et William Whelton, signent la co-mise en scène) en association avec le Lowry de Salford, où elle a été créée cet été, la comédie musicale est donnée au Troubadour Wembley Park Theatre du 12 octobre au 3 janvier 2027.
Le livret de David Simpatico et la musique adaptée par Bryan Louiselle reprennent tout ce que les fans attendent : « Start of Something New », « Get’cha Head in the Game », « Stick to the Status Quo », « Breaking Free » et, bien sûr, l’inévitable « We’re All in This Together ». Houston et Whelton ont eu l’idée audacieuse de transformer la salle en terrain de basket immersif, avec des gradins sur scène et un plateau prolongé, qui place le public au cœur d’East High et donne un vrai coup de frais à une histoire que l’on croyait connaître par cœur. Le décor d’Andrew Exeter, la vidéo de George Reeve, les lumières de Rory Beaton, les costumes de Sophia Pardon, la supervision musicale de Katy Richardson et la direction musicale d’Audra Cramer entretiennent cette énergie de gymnase en fête, et la chorégraphie d’Aaron Renfree (The Masked Singer) fait danser toute la troupe avec un entrain communicatif et une inventivité qui évite de copier les films, ce qui contribue beaucoup à la fraîcheur de l’ensemble.
Côté distribution, les deux jeunes leads sont remarquables : Tobias Turley (Mamma Mia!) campe un Troy Bolton athlétique et sincère, et Leonor Correia (SIX) une Gabriella lumineuse, à la voix limpide, dont l’alchimie avec lui est tout à fait naturelle. Caitlin Tipping (SIX) et Luke Bayer s’amusent visiblement en Sharpay et Ryan Evans, le duo de frère et sœur le plus délicieusement détestable du lycée. Parmi les adultes, Harry Judd, le batteur de McFly et vainqueur de Strictly Come Dancing, reprend le rôle de l’entraîneur Bolton tenu à Salford par Jason Donovan, et KayCee Stroh, qui jouait Martha Cox dans les films, revient dans l’univers de la franchise en professeure Darbus, avec un plaisir évident.
Un bémol toutefois : les comédiens paraissent un peu trop âgés pour les lycéens qu’ils sont censés incarner, ce qui se remarque davantage dans les scènes de classe que dans les numéros dansés. Mais il n’est pas nécessaire d’être fan des films pour apprécier le spectacle et ses hautes valeurs de production : c’est une célébration enthousiaste, généreuse, impeccablement exécutée, que sa dose de sucre rend plus irrésistible encore pour ceux qui ont grandi avec la saga.